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 Mikhaïl Ivanovitch Kotov

[Épice Sacrée]Mécano Roublard
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Mikhaïl Kotov
[Épice Sacrée]
Mécano Roublard
Messages : 92
Date d'inscription : 14/01/2015

MessageSujet: Mikhaïl Ivanovitch Kotov    Ven 27 Mar - 12:14

• MIKHAÏL IVANOVITCH KOTOV •









feat. Mikhaïl (Mon coup de crayon)

• Identité ::
Mikhaïl Ivanovitch Kotov
• Surnom(s) ::
Mik
• Âge ::
37 ans
• Anniversaire ::
2 décembre
• Nationnalité ::
Russe
• Groupe ::
Civil
• Métier/Fonction ::
Mécanicien
• Langue(s) ::
Russe (maternel) et anglais (bilingue)
• Taille ::
1,93m (6'4")
• Poids ::
81kg (179lbs)


.Autres Informations.


Mikhaïl à beau avoir des heures fixes de travail (du lundi au samedi inclusivement), il ouvre volontiers son garage pour ceux qui auraient besoin d'une réparation d'urgence. Si c'est pour une connerie qui pourrait aisément attendre au lendemain, il vous enverra chier, par contre, il ne faut pas abuser.

Il voue un culte à sa Harley-Davidson et envisage de s'en acheter une deuxième, bien désuète, et de la retaper pour son petit plaisir. Ouais, c'est le genre de trucs qui fait plaisir à Mik.

Le mécano adore les armes blanches ou à feu. Il est bon tireur, ayant beaucoup pratiqué pendant qu'il était dans l'armée. Il en a plusieurs (autant des fusils que des couteaux), légales, dont plusieurs fusils de chasse. Lorsque c'est la saison, il aime partir une bonne semaine à l'automne pour chasser et profiter d'un air différent.

Dans la même idée, il prend peu de congés dans l'année. Deux semaines de road trip pendant l'été, une à l'automne pour la chasse et plusieurs journées isolées dans l'année, soit les 5 janvier, 10 janvier, 3 mars, 29 juin, 7 juillet, 21 septembre et 10 octobre. Ces dates sont sacrées et quiconque ose le déranger en ces journées y risque gros. Pour le rester du temps, il est fidèle au poste. Et il adore son travail.

Le croire faible parce qu'il n'est qu'un civil, un humain sans pouvoir, serait une grave erreur de jugement. En effet, il faut prendre en compte ses années à pratiquer la Systema, un art martial russe, mais aussi le temps fait dans l'armée à pratiquer diverses techniques de combat au corps-à-corps, à manier diverses armes, puis le temps taules où il a développé d'autres réflexes en plus de conserver d'excellentes habitudes d'entraînements qu'il pratique toujours. Alors même si sa jambe gauche est son grand point faible, il sait fort bien se défendre et, vu sa carrure, dispose d'une force non-négligeable. Et puis il n'a pas un caractère très docile. Alors méfiance.


.Pouvoirs et contrecoups.

RAS, Mikhaïl n'a pas le moindre pouvoir. La seule mutation qu'on pourrait retrouver chez sa personne consiste en une teinte ambrée au fond de ses yeux.


.Description Physique.

Mikhaïl Ivanovitch Kotov est le genre de personnes qu'on remarque aisément dans une foule. Déjà, parce qu'il est assez grand avec son mètre quatre-vingt-treize, sa silhouette se détachant par rapport aux autres. Pourtant, ce qui est le plus marquant chez le russe, c'est ce qu'il dégage. En effet, il est difficile de ne pas sentir sa force tranquille ou l'assurance qu'il dégage. Il faut avoir sérieusement la tête en l'air pour ne pas capter qu'il est le genre d'homme à qui il vaut mieux foutre la paix. Parce que physiquement, il est évident qu'il a la force pour en remettre plus d'un à sa place, le trentenaire disposant d'une musculature des plus correcte, l'entretenant régulièrement via un entraînement sévère. Il est doté d'une bonne endurance bien que celle-ci soit moins grande que lorsqu'il avait vingt ans, des années de tabagisme n'ayant pas aidé. Il en est d'ailleurs à plusieurs cancers des poumons et s'en est presque devenu une blague avec le personnel de la pharmacie la plus près de chez lui. Heureusement, l'époque particulièrement avancée médicalement parlant fait en sorte qu'on ait encore notre Russe dans une santé fort respectable. Sinon, il n'a pas de maladies, d'allergies, mais sa jambe gauche est douloureuse, très sensible. Il l'a blessé à la guerre lorsque le véhicule qu'il conduisait explosa sur une mine. On arriva à sauver la jambe, mais elle reste plus fragile et quand il force trop dessus, elle peut devenir très douloureuse et le faire plus ou moins boiter. Certes, il pourrait se faire opérer pour soulager tout ça, mais comme ça coûterait fort cher et qu'il ne considère pas en avoir besoin plus que ça pour vivre, il s'en passe. Et puis, ça a une certaine symbolique pour l'ex militaire. Il est le seul à avoir survécu, c'est un bien moindre mal pour avoir eu cette chance. Extérieurement, le membre n'est pas très beau à voir. La peau est sillonnée, présente des plaques ridées et rugueuses. Et les parties de peau lisse sont encrées de tatouages biomécaniques, comme s'il se foutait un peu de sa propre gueule.

Le corps de Mikhaïl est parsemé de nombreux tatouages. Son bras gauche est recouvert, de la main à l'épaule, remontant un peu dans son cou. La main est recouverte d'os en rappel aux phalanges en dessous. Sur le bras, on retrouve une manche assez noire où se détache des crânes et des mains désespérées. On peut voir se détacher des mots en russe et des images un peu inquiétantes. Dans son cou, une main osseuse qui cherche à l'étrangler.
Sur son cœur, le symbole des Libras aux rebords déchiquetés.

Et sur le poignet droit, des dates : 10 octobre, 3 mars, 29 juin, 7 juillet, 21 septembre, 5 janvier et 10 janvier.

Ces dates sont notées sèchement, sans soin, en fait, c'est lui qui les a faites. Ce n'est pas qu'il craignait de les oublier, mais les voulait gravées dans sa chair.

Sinon, Mik n'a pas une gueule de mannequin ou quoi que ce soit du genre. Son charme reposant plutôt sur ce qu'il dégage, son accent prononcé ou encore un certain charisme. Il a des traits marqués, c'est évident qu'il a vécu. Qu'il a de l'expérience. Il a des lèvres un peu boudeuses, des dents plutôt blanches malgré le tabagisme (merci aux dentistes) et elles sont généralement droites, même s'il arrive à passé la langue entre une de ses canines et l'incisive. Son nez est, à la base droit, mais il est devenu un peu irrégulier après l'avoir cassé quelques fois, déjà. Il a un visage très expressif, surtout les sourcils. Son regard est vif, éveillé, un peu ambré.

Ses cheveux encadrant son visage sont assez épais, légèrement bouclés, ondulés en une coupe assez juvénile dont la frange retombe sur son nez. Ils sont châtains cendré et coupés de petites mèches plus pâles, commençant à grisonner. Les trois-quarts du temps, il porte un foulard sur la tête, une casquette par-dessus, cela dégageant un peu son visage, ce qui se révèle fort pratique avec son travail. Il refuse formellement de les couper plus court sans jamais donner de raisons.

Mikhaïl est doté de grandes mains, des mains calleuses, rudes, couvertes de petites cicatrices dues à son travail. Les ongles sont très courts et la peau est un peu teinte à force d'avoir les mains dans l'huile. Elles sont très fortes, des mains de manuel capable de broyer comme d'effectuer un ouvrage des plus minutieux sans mal.


.Description Psychologique.

Avec ses trente-six balais, on peut dire que Mikhaïl en a vécu, des choses. Il a même un parcours plutôt chargé, mais s'en sort assez bien, même s'il reste une caricature sur patte, bourré de stéréotypes...

Au premier contact, il semble souvent nonchalant, je-m'en-foutiste, voire carrément et complètement indolent. Généralement, la clope au bec, le regarde tranquille et sur, il dégage une aura d'assurance, de maîtrise, de force tranquille. Il est l'eau qui dort... Et il dort profondément. Parce qu'il faudra sérieusement abuser pour le tirer de son inertie. Ce qui est bien, quelque part, car l'imbécile qui ira chercher cet homme et qui osera franchir ses limites devra savoir courir. Et vite. Parce qu'autant la patience du russe peut être impressionnante, autant quand il décide que c'est assez... Eh bien, c'est assez! Et il ne laisse pas le choix. Loin de se déranger d'être dépourvu de facultés spéciales, il compte sur de solides techniques de combat au corps-à-corps et l'expérience acquise pendant son service dans l'armée, mais aussi de son temps en taule, pour gérer les fouteurs de merde. Ce qui constitue un assez beau curriculum vitae qu'il n'a aucune espèce de remords à étaler sous le nez d'un emmerdeur. Alors avec un peu de chance, il se contentera de littéralement virer l'importun proprement et simplement hors de sa vue, cul par-dessus tête dans la poussière ou, dans le pire des cas, celui-ci se réveillera dans une chambre d'hôpital, la mâchoire cassée, un traumatisme crânien sur les bras et victime d'une perte de mémoire plus ou moins conséquente.

Mais pas d'inquiétude, il n'est pas le genre à s'acharner ou à tenir particulièrement rancœur aux autres, alors il pardonnera bien de l'avoir fait chier et offrira peut-être même un verre au malheureux quand celui-ci le recroisera... À moins que sa simple vue suffise à le faire fuir à l'autre bout de Bethania sous le regard... Perplexe, quoiqu'un peu moqueur du russe.

Toutefois, si, par malheur, Mikhaïl entretient un ressentiment quelconque envers quelqu'un... Il tendra à troquer patience et nonchalance contre une attitude froidement tendue, voir belliqueuse. Et dans cet état, il en faut bien peu pour le faire démarrer sur des chapeaux de roue, la moindre remarque négativement interprétée (et dans ces moments, il est terrible subjectif), un regard un peu de travers ou une simple attitude un peu déplaisante suffira amplement de prétexte.

Sinon, on l'aura remarqué, il est, normalement, bien peu soupe au lait. Toutefois, certaines choses ont le tour de le faire particulièrement pomper, de toucher une corde sensible. Et tout particulièrement tout ce qui tourne autour des batteurs de femmes ou d'enfants, séquelles de son enfance. Après, il y a tout dénigrement sur les Libras, sur ses frères de cœur... On comprendra aisément que c'est un sujet à éviter si on tient à garder tous ses morceaux. Enfin, le premier qui touchera sa moto, une Harley-Davidson qu'il pomponne comme si elle était la plus belle chose au monde... Est irrémédiablement suicidaire... Sans parler de si qui que ce soit fait l'erreur de lui infliger la moindre éraflure. Aussi bien s'amuser à se tremper les pieds dans un seau de vipères mécontentes. Elles seront assurément plus aimables et compréhensives que Mik.

Pour le reste... Inutile de penser le trouver en l'attaquant sur son physique, son caractère ou en dénigrant sa vie. Il n'en a strictement rien à foutre, pire, il en rigolera, l'air faussement désolé.

Que dire de plus... C'est un indépendant. Il fait ses trucs, mène sa vie comme il l'entend... Et se contre-fiche des avis sur ses choix. Il considère qu'il a été assez privé de sa liberté comme ça et fera bien ce qui lui chante. D'ailleurs, la liberté est un concept... Particulièrement important pour lui. Et c'est aussi pour ça qu'il désapprouve fortement le Serpentaire et tout spécifiquement le programme Special Children qu'il considère comme une atteinte directe à la charte des droits et libertés de chaque individu. Toutefois, il ne s'y oppose plus vraiment plus que via des paroles, ayant déjà donné dans le terrorisme et considérant que c'est bien assez ainsi. Les huit années en prisons ont été très longues pour l'homme et l'ont particulièrement refroidit. Il ne rechignera certes pas à magouiller quelques petites affaires avec des membres des gangs rebelles, si l'occasion se présente, mais ne s'impliquera plus que de façon fort secondaire. Et tant pis si certains s'en déranges.

Il a, ironiquement, perdu sa fougue altruiste, n'étant prêt à hypothéquer sa vie que pour un très petit nombre de personnes lui étant particulièrement chères. Les autres... Désolé pour eux, mais ils peuvent aller se faire foutre. Et profond. Parce que oui, Mikhaïl est fondamentalement égoïste. L'univers peut se fouler s'il croit qu'il va bouger d'un pouce pour lui alors que c'est à son complet désavantage. C'est aussi un individualiste fini, il pense et fait ce qu'il veut, que ça en déplaise à quiconque. Et ce trait de caractère s'est particulièrement développé depuis la mort de presque tous ses frères de cœur, membres des Libras. La taule n'a certainement pas aidé, assurément. Pour ne pas aider, il sait aussi être... Particulièrement manipulateur et pas nécessairement très franc, du coup. Il n'est pas trop le genre à avoir des remords ou des regrets... Et se contre-fiche des avis sur ses choix. Et sans hésiter, en plus. Et pour suivre ces optiques, il est aussi terriblement orgueilleux. Rien ne le vexe plus que de rater quelque chose, un objectif. C'est probablement pour cela qu'il ne touchera plus jamais un livre de recettes de desserts. Et s'il tendra à cacher cela aux gens, il sera dur de rater l'humeur renfrognée de l'homme.

De plus, il ne se gênera pas pour dire bien franchement qu'il est un connard. Il s'assume très bien. Peut-être trop, même, vu qu'il n'en tire vraiment aucune gêne. Bon, au moins, il n'est pas le genre à se planquer derrière des illusions. Non, parce qu'en fait, il est terriblement terre-à-terre. C'est un réaliste qui ne va pas aller se mettre des rêves irréalisables dans la tête. Avoir la poudre aux yeux, ce n'est pas son style et ça l'agace franchement chez les autres. Il y a peu de choses qui le blasent autant qu'un idiot illusionné qui fait du pelletage de nuages à longueur de journée sans capter exactement ce qu'il se passe autour. Et en général, il le dit et sans passer par quatre-chemins. Dans la même optique, il ne se fait aucune illusion par rapport à lui-même, ayant parfaitement connaissance de ses propres travers, de ses défauts ou de ses faiblesses tout comme de ses forces et de ses qualités. Et il est le genre à analyser, mesurer tout ça avant de poser un geste.

C'est normalement une bonne oreille... Et discrète... Sauf s'il décide de vous faire chanter pour avoir quelque chose... Là, vous êtes dans la merde si vous avez été lui dire quelque chose de sensible. Pour ceux qui s'épargnent ce travers de la part du mécanicien, ils peuvent compter sur Mik pour emmener dans la tombe leurs secrets.

Que dire sinon? Déjà, le Bethanien d'adoption semble souvent... Assez sérieux. Alors qu'en fait, il aime bien ricaner. Les blagues salaces, trucs cocasses, jeux de mots plus ou moins louches... C'est le genre à aimer embêter les gens qu'il connaît bien, leur balançant leurs travers dans la gueule avec un sourire gouailleur. Il apprécie l'ironie, l'humour noir, s'amuse du sarcasme. Parallèlement, avec ses proches, il peut se montrer terriblement gamin et faire l'idiot.

Lâchons un peu la partie... Caractère pour se ranger du côté des intérêts, désintérêts, passions, etc, de notre trentenaire.

Déjà, comme on l'a été mentionné plus haut, Mikhaïl voue presque un culte à sa Harley-Davidson. Ça peut en sembler ridicule pour le commun des mortels, mais les véritables amoureux de motos le comprendront parfaitement. Et puis ce n'est pas n'importe quelles motos auxquelles il voue son adoration, mais vraiment les Harley. Les autres, il aime bien, mais sans plus et pas de quoi aller acheter chez un concessionnaire rival à son fabricant fétiche. Et personne ne lui fera dire qu'une de ces foutues bécanes japonaises est meilleure que les Harley. C'est mort. Vous divaguez. Vous êtes des ignares!

D'ailleurs, il passe un peu trop de son temps libre... À l'entretenir. Il a dû la démonter en pièces détachées des dizaines de fois pour changer une minuscule pièce qu'il jugeait un peu trop usée... Alors qu'elle aurait pu aisément rester à sa place pour les 10 prochaines années sans problème. Mais il s'en fout, il aime ça et c'est toujours plus constructif que de s'abrutir devant une série télévisée débile!

Dans la même optique, le russe a développé une certaine passion pour tout ce qui est mécanique. Rien ne le décourage, quand il s'agit de la mécanique d'un véhicule motorisé et il entreprend chaque nouvelle réparation comme une énigme qu'il prend un malin plaisir à résoudre. De même, après les motos, il aime particulièrement les véhicules d'époque et joue aussi dans la restauration, aimant bien faire en sorte de se rapprocher le plus possible du véhicule d'origine tout en modernisant son fonctionnement interne pour le mettre aux goûts du jour. Eh oui, où l'on verra un vieux tacot bon pour la casse, le russe y verra un attrayant terrain de jeux. C'est d'ailleurs bien pratique, tout ça, puisqu'il a quand même ouvert son propre garage.

Sinon, il a tendance à collectionner quelques vilaines habitudes de vie, c’est-à-dire qu’il fume un peu trop, qu’il boit plus que sa part et qu’il ne dort définitivement pas assez. Flemmard comme il le semble aux premiers abords, on pourrait croire qu’il dort des heures, mais ses nuits dépassent rarement les six heures de sommeils, il à la manie de boire tous les soirs après le boulot souvent plus d’un verre, appréciant particulièrement l’alcool fort, quoi qu’il ne rechigne jamais devant une bière glacée. Le vin le laisse de marbre. Il en boira à l’occasion, mais pas de sa propre initiative. Et voilà longtemps que la petite caissière de la tabagie du coin l’attend presque tous les matins avec son paquet de clopes préférés prêt sur le bord du comptoir. On a qu’une vie à vivre et il ne compte pas se faire chier. 

Au moins, il mange très bien, peu gras, même s’il lui arrive d’avoir une rage d’hamburgers. Il n’est généralement pas difficile, même si le chou-fleur est définitivement au-dessus de ses forces, ses années de diètes étant enfant l’ayant laissé peu critique sur les aliments. Quoiqu’il n’est pas du tout sucré. Il grignote rarement entre les repas, mais quand c’est le cas, ce sera généralement pour céder à l’appelle d’une poignée de noix et de fruits secs mélangés. Rien de trop dommageable, donc. Sinon, il se garde en forme via un entraînement sévère qu’il à conservé de son service dans l’armée, quoiqu’il doive porter une attention particulière à sa jambe gauche, définitivement plus fragile que la droite et n’a pas trop le choix, s’il veut aller courir, de mettre une attelle, mais il prend tout ça assez positivement. Il aurait pu simplement crever, alors pas de quoi se lamenter sur une patte quelque peu impotente.  

C’est aussi le genre d’homme plutôt habile de ses mains. Un touche-à-tout. Il n’a aucun mal à manier une cloueuse ou une scie et on ne le verra jamais appeler un plombier. Il sait travailler et il est particulièrement soignée et appliquée dans ce genre de projets. Il a lui-même participé à une bonne partie de la construction du bâtiment qui lui serre autant de chez-soi que de lieu de travail et au coup d’œil, on pourra voir qu’absolument rien n'est bâclé.

Il aime aussi particulièrement les couteaux et les armes à feu, les USA offrant quand même un large panel d’arme qu’il est possible d’acquérir en toute légalité. Il ne cache pas son faible pour les fusils à pompe et ne crache pas sur une partie de chasse. Dans le même genre, il nourrit un certain amour pour la Systema, un art martial russe particulièrement efficace où tout se joue sur l’économie de mouvement et la décontraction. Il a commencé à la pratiquer quand il avait 14 ans et ça lui a été bien utile à de nombreuses reprises. 

Un autre truc, Mik n'apprécie guère le silence. Chez lui, il y a toujours la radio qui joue quand il ne met pas de vieux classiques de rock. Il fredonne souvent, absorbé par ce qu'il fait ou parle tout seul, râle, critique, grognasse. Il a tendance à parler aux véhicules qu'il répare, se foutant de ce qu'on pourrait en penser. Il n'y a rien de plus défoulant que de jurer et engueuler une machine qui ne fonctionne pas, alors il ne s'en privera pas. Il a un langage par moment très argotier, jure beaucoup et à la manie de trouver des surnoms russes au gens... Sans nécessairement leurs en donner la signification.

Sinon, le russe s'intéresse autant à la gente féminine que masculine. Il apprécie les femmes de caractère, toutes en formes, préférant largement une dame aux courbes pleines qu'un sac d'os secs. Ce n'est pas compliqué, il aime avoir de la matière à prendre dans ses grandes mains. Côté homme, les efféminés androgynes maniérés peuvent passer leur chemin. Les couches-culottes aussi. Il aime ses partenaires solides, expérimentés et pas chieur. Il lui arrivera de faire des exceptions, mais il y a moyen de les compter sur les doigts de la main. Dans l'action, il lui arrive de se montrer un peu égoïste, mais généralement, il préfère que son partenaire y prenne son pied également. Orgueil de mâle l'oblige.


.Biographie.




Je suis né à Khatanga, en Russie, un des trous perdus les plus au nord du globe. De ce que je me souviens, un village côtier aux hivers polaires et aux glaces qui emprisonnaient le port misérable dans une chape glacée neuf mois par année. Rien de bien pittoresque, un ancien poste militaire du temps des Soviétiques sur une terre aride où rodaient trop de chiens errants faméliques. J'étais le plus vieux d'une fratrie de trois, ayant un frère et une sœur. Mes parents n'étaient pas très heureux ensemble. Souvent, ils se disputaient, Eva, ma mère pleurait, mon père, Ivan, sortait en claquant la porte, faisant trembler le petit appartement aux murs en papier-carton. C'était souvent pour l'argent. Mon père avec un travail de miséreux dans une mine de charbon de la région et ma mère était coincée à la maison, ne trouvant personne pour nous garder pendant qu'elle irait travailler, du coup, elle lavait le linge des autres, des petits trucs comme ça, n'importe quoi pour ramener un peu d'argent. Avec le peu de revenus que tout cela générait, on manquait régulièrement d'électricité et les repas sur la table étaient souvent... Trop maigres et laissaient l'estomac sur sa faim. Je me souviens de nombreuses nuits, à se blottir avec Foka et Katya sous une couverture rêche pour éviter de mourir de froid, quand, en janvier, les températures moyennent jouaient dans les -33 degrés Celsius et qu'elle pouvait aisément laisser au petit matin un corps gelé et inerte à jamais. Mais même comme ça, on pouvait dire qu'on trouvait un certain bonheur à la vie. Les enfants savent se contenter de peu, se ravir d'un petit rien, et ce, même dans un univers trop rude et sale pour eux.

Et puis tout a commencé à basculer. Ma sœur n'avait pas un an quand Eva est partie avec un autre homme. Moi, j'en avais cinq. Et je l'ai attendu comme un chien sur le pas de la porte... Pendant des heures, voir des jours, à fixer la porte, à me tenir proche, frémissant au moindre bruit derrière le battant défraîchit, même si ce n'était rien de plus que les voisins qui revenaient chez eux. Ça me tenait éveillé des nuits durant, alors que les autres, trop jeunes pour comprendre, dormaient et que mon père était complètement apathique, lorsqu'il ne partait pas travailler, ne répondant pas à mes questions. En fait, je ne comprenais pas tellement non plus. Elle était partie. Mais... Pourquoi? Pourquoi elle ne revenait pas? Pourquoi on ne parlait pas avec papa pour aller la retrouver? Où était-elle? Qu'est-ce qu'elle faisait? Est-ce qu'elle pensait à nous? C'était une trahison inconcevable. Une mère ne pouvait pas faire ça. Elle ne pouvait abandonner sa progéniture. Pourtant, c'est ce qu'elle avait fait. Et ça signa un changement drastique dans mon existence, dans notre existence. J'arrêtai à ce moment-là d'être un gamin insouciant. J'avais la responsabilité de mes cadets. Un gosse qui s'occupe de deux bébés, tout bonnement. C'était déjà rude, mais ça devint... Bien pire. Ivan se mit à boire plus que jamais jusqu'à se faire renvoyer de son travail. Il passait ses journées à se garder ivre, en se fichant de nous. S'il s'adressait à nous, c'était pour crier. Il en vint à nous frapper, surtout moi, car je m'interposais entre lui et mon frère ou ma sœur. Je les protégeais. J'étais la seule barrière, protection entre eux et l'univers. Un univers glacé, brutale, où l'enfance est bafouillée, arraché à froid pour ne jamais pouvoir être retrouvé. Je me sentais incroyablement insignifiant. Je sacrifiais tout pour eux. Je me serais jeté dans les eaux noires du port si cela avait pu rendre leur existence plus douce, plus digne. Et c'était dur. Vraiment. Voir les petits pleurer de faim alors qu'on leur a déjà cédé sa propre ration... Je l'ai connu, la vraie faim. Quand le dernier repas date de plusieurs jours, que le corps devient lourd, épuisé, douloureux. Que l'estomac se contracte violemment, atrocement... Mais qu'il n'y a simplement plus rien à avaler. L'eau soulage un temps... Puis finit par être complètement inefficace. J'aurais été fouillé dans les poubelles si les voisins n'avaient pas eu la sale manie d'y mettre du poison pour repousser la vermine, mais je ne pouvais définitivement pas risquer un empoisonnement alors que la ligne de téléphone était coupée depuis belle lurette. Et puis... J'étais terrifié à l'idée qu'on m'enlève mes cadets. Les adultes et leur conception de ce qui est bien ou mal... Je n'avais simplement plus confiance. Mes parents avaient su m'implanter une méfiance farouche pour tout ce qui n'était pas mon frère et ma sœur. Je me tenais là, tout simplement, défiant le monde entier du haut de ma silhouette carencée, la peur se teintant de rage et s'avivant avec la faim.

Sauf qu'un soir, Ivan dépassa les borgnes... Katya, dans sa maladresse d'enfant, se prit les pieds dans le vieux tapis miteux du salon et renversa une bouteille de vodka. Et notre père perdit le peu de lucidité qu'il avait par moment –c'est dans ces temps-là qu'il nous ramenait de quoi s'alimenter un peu, plutôt qu'une de ces satanées bouteilles d'alcool médiocre- et entra dans une rage noire. L'effroi noua mon estomac quand je le vis lever la main pour frapper la petite qui était tétanisée par la peur, du haut de ses trois ans. Je n'eus que le temps de me jeter entre les deux pour éviter que Katya ne se prenne un coup d'une violence que, même moi, je n'avais jamais connu. Je fus projeté contre la table du salon, à travers les bouteilles vides et les mégots de cigarette, qui se renversa sous l'impact, ma tête cognant brutalement le meuble avant qu'une partie de ce qui était dessus ne me tombe dessus dans un vacarme assourdissant. La douleur était sourde à travers mon état de semi-conscience. Il me semblait vaguement que quelque chose clochait avec mon épaule, mon bras. Il y avait du sang qui coulait, chaud, sur mon visage. Ma joue traînait dans les éclats de verre. Un pied avait heurté violemment mon ventre. J'avais faiblement gémi, me contentant de le regarder, perdu, dans le vague.

Et je ne comprenais toujours pas. Trois ans plus tard, j'étais encore là, pathétique, à essayer de comprendre. J'aurais juste voulu déchiffrer tout ça. Qu'est-ce qui faisait qu'un père frappait ses enfants? Qu'une mère les abandonnait? Pourquoi une bouteille de vodka était plus importante que nous? Pourquoi étions-nous là, si c'était pour ça? On ne servait à rien, on était un poids, une charge. Où était passé mon père contre qui j'allais me blottir, le soir, et qui, malgré sa fatigue, me donnait quand même un peu d'attention? Celui d'avant. Quand ça allait mieux. Quand maman ne pleurait pas aussi souvent et que papa claquait moins la porte. Où étaient-ils? Pourquoi était-il si furieux, si laid? Ses traits étaient tellement grotesques, déformés par une rage stupide. Et pourtant, j'étais là, à ses pieds, incapable de bouger, incapable de faire quoi que ce soit... Mais toujours à espérer quelque part, au fond de moi. Je fantasmais à l'idée que son visage se décompose, qu'il se laisse tomber à genoux pour me prendre, me serrer contre lui et simplement s'excuser. J'aurais voulu ça. Et je lui aurais tout pardonné. J'aurais fait fi de ces trois années de calvaire et me serait accroché à lui. Mais ça n'arriverait pas. Parce qu'Ivan, brutalement, se détourna pour foncer vers la porte et quitter l'appartement en la claquant, nous abandonnant encore derrière. Émiettant mes espoirs vains.

Tout ça. Mon existence. Ce n'était rien. C'était insignifiant. C'était bête. Et ce qui arrivait était illogique. Je n'arrivais pas à saisir. Et même des années plus tard, je me demanderais toujours... Mais où était la logique derrière tout ça? Et surtout... Pourquoi?

Je ne me souviens pas de ce qu'il s'est passé exactement, par la suite, ayant perdu connaissance, mais je me réveillais dans un lit d'hôpital, un bras enserré dans un plâtre et la tête et le côté du visage recouvert d'épais bandages. Sonné par les antidouleurs, je ne m'inquiétais de rien sur le coup, ni de mes cadets, ni de mon père... Mais la réalité ne tarda guère à me rattraper, me faisant paniquer. Où étais-je exactement? Et Foka? Katya? Je devais les retrouver! Il fallut m'attacher, me remettre sous calmants, pour que je ne me blesse pas en essayant de partir à la recherche de ma fratrie. Je ne voulais rien entendre. On avait beau m'expliquer qu'ils étaient en sécurité, qu'Ivan ne nous ferait plus jamais de mal, que c'était terminé... Non. Ils ne comprenaient rien. Ils n'étaient pas en sécurité sans moi. Et ce n'était pas terminé.

Ça ne faisait que commencer. Ça n'aurait jamais de fin.

J'allais les perdre.

Je restais alité quelques jours avant d'être envoyé dans un orphelinat. Quel soulagement de retrouver les petits! Les moyens de l'orphelinat étaient maigres, mais il y faisait chaud et il y avait à manger. C'était suffisant. De quoi nous remplumer. Surtout pour Foka et Katya qui étaient en meilleurs états que moi. Faut dire que j'angoissais tellement à l'idée de les perdre que ça nuisait à mon rétablissement. Les éducatrices étaient, certes, adorables, mais je refusais leur attention, leurs tentatives pour prendre soin de moi. J'avais trop été trahi, trop déçu. Je n'avais plus foi en qui que ce soit. Je repoussais tout le monde, excepté mes deux protégés. Et la moindre interaction de qui que ce soit avec mon frère et ma sœur était étroitement surveillée par ma personne. Je me méfiais. Je craignais qu'on les emporte. De quoi finir paranoïaque... Et on me donna raison quant à ma méfiance et ma peur, puisque Katya fut adoptée et emmenée par un couple sans que je ne le sache, sans qu'on me laisse au moins la possibilité de lui faire mes adieux. De la serrer une dernière fois. Je pétais les plombs en le découvrant. Je hurlais, pleurais, frappais, mordais, faisais mal à quiconque tentait de m'approcher pour me consoler, me résonner. Je sanglotais jusqu'à l'épuisement total. Jusqu'à ce que tout mon corps me fasse mal et que je n'ai plus la force, que je sois étourdi et nauséeux. On me porta jusqu'à mon lit et je me recroquevillais dedans.

Ma tête était lourde, confuse. J'étouffais d'une détresse trop grande pour mon propre corps. J'angoissais à m'en gruger les doigts presque à l'os. J'étais horriblement choqué, malheureux. Plus que je n'avais pu l'être face aux trahisons de mes parents. On m'avait enlevé ma sœur. Ma Katya! Je m'étais débattu pendant trois ans pour mon frère et ma sœur. J'avais fait ce qu'aucun adulte n'avait été foutu de faire. Et eux, ces adultes, ces inconnus avec de beaux discours, ils jugeaient que c'était mieux de nous réparer? De quel droit? Comment pouvaient-ils prendre des décisions aussi idiotes? Sans cœur?

Je m'accrochais sur Foka, pour m'occuper, pour essayer de ravaler ma peine. Il était encore là, à ne pas trop comprendre, à l'instar de mon égarement lorsque notre mère nous avait abandonnés. Il me demandait quand Katya reviendrait. Quand son «nouveau» papa et sa «nouvelle» maman viendraient nous chercher aussi. Et ça me faisait mal au cœur. Je ne savais pas quoi lui dire. J'aurais eu envie de me fâcher, de lui hurler de se taire... Mais je ne pourrais jamais faire ça. Je pouvais hurler sur le monde entier, déchaîner ma rage, ma rancœur... Mais pas sur mon petit frère. Je n'étais que tendresse, patience et dévouement pour lui tout comme je l'étais pour Katya. Je me contentais de le serrer, prétendre ne rien savoir. Je mentais. Et je détestais lui faire ça... Mais si j'avais dû lui expliquer la réalité. Je crois que je me serais écroulé. Le dire, ça aurait été comme l'accepter. Et je ne pouvais pas. Ou je me serais effondré... Définitivement.

Quelques mois plus tard, c'était Foka qu'on m'enlevait. Le peu qu'il me restait d'univers se démantelait. Je n'avais plus de raisons de vivre. Plus de buts, de motivations. J'avais envie de me recroqueviller dans un coin et disparaitre. Il y eut bien un ou deux couples qui vinrent me voir, mais je ne voulais pas quitter l'orphelinat. Je ne voulais pas d'une... Nouvelle famille. Je voulais celle qu'on m'avait enlevée. Et ça désespérait les éducatrices. Parce que je n'aidais pas mon cas, qu'à mon âge, j'étais plus difficile à adopter. Je m'en foutais. Je ne voulais pas de ces conneries fausses. Je fuguais, je me perdais, on me ramenait, j'étais puni. Je ne sais combien de fois ça arriva. Et c'était stupide, parce que je ne retrouverais pas Katya ou Foka comme ça. Mais j'étais un enfant perdu. Je me battais, je tenais tête, je bravais le personnel. J'avais de la hargne, j'étais malheureux.

J'en voulais au monde entier.

Je ne savais pas comment me comporter avec les autres enfants. Je n'avais plus aucune patience, je prenais tout comme une agression. Et au final, même les gamins ne voulaient plus m'approcher. J'étais une petite terreur. Je n'avais plus peur. On m'avait déjà tout enlevé, après tout. Mais j'étais continuellement en colère.

Quand j'eus dix ans, on me changea d'orphelinat pour me placer avec des gamins dont l'âge variait entre dix et dix-sept ans. Il n'y avait plus vraiment de chances d'adoptions possibles. C'était surtout une façon de nous parquer dans un endroit avant notre majorité où on serait balancé dans la nature sans soutien quelconque. De futurs déchets de la société. Des criminels, des drogués, des alcooliques en devenir. Et il ne fallait pas se faire d'illusion. Si jamais on était... Adopté... Ce serait probablement pour être enfoncé dans un trafic humain quelconque... Définitivement pire que d'être un déchet libre. Oui, le mot «libre» faisait une différence énorme, et même à 10 ans, j'en avais profondément conscience. Cet endroit était certainement différent... Le mot «survie» prenait un nouveau sens. Il n'y avait pas de temps de repos, de relâchement. Il fallait toujours surveiller ses arrières. Insultes, coups, vols, c'était le commun. Le quotidien. Et les plus vieux abusaient sans gêne des plus faibles. Et si aujourd'hui, j'en impose, dans ce temps, j'étais un gamin un peu plus grand que la moyenne, mais définitivement malingre. Et j'écopais. Parce que j'étais une forte tête caractérielle qui fonçait sans trop réfléchir. J'étais persécuté… Mais je ne me laissais pas faire, les coups devenaient plus brutaux, plus vicieux jusqu'à ce que je ploie... Que je me recroqueville par terre... Jusqu'à la prochaine brimade.

Et puis il arriva quelque chose de totalement loufoque. On m'annonça que j'allais être adopté. Pas une rencontre. On voulait juste de moi. On allait venir me chercher. J'ai paniqué. Trop d'histoires de jeunes garçons qui finissaient sous les mains d'hommes sans morale. J'ai voulu fuguer la veille. C'était la première fois que je le faisais dans le but de fuir et non de chercher Katya et Foka. Sauf qu'un des vigiles me tomba dessus et me ramena jusqu'à mon lit. Je ne fermais pas l'œil de la nuit. C'était la première fois que j'avais vraiment peur pour... Moi. J'avais eu peur pour mes cadets, j'avais continuellement peur pour eux. Mais pour moi? Et pourtant j'étais mort de trouille. Demain, j'allais me retrouver... Je ne savais où. Et puis le moment fatidique vint. Je me retrouvais devant un couple qui me balbutiait maladroitement quelques phrases basiques en russe avec un accent excessivement bizarre. Je n'y comprenais pas grand-chose jusqu'à ce qu'une interprète m'explique que... Mes «nouveaux parents» allaient me ramener aux États-Unis. Je ne sais pas si c'est le terme «nouveaux parents» ou notre destination qui me choqua le plus. J'eus beau protester, rien à faire. Et trois jours plus tard, j'étais dans cette ville... Hétéroclite.

Bethania.

C'était... Tellement différent. J'étais perdu dans une culture, une langue différente. La technologie me laissait aux abords du traumatisme. C'était le dépaysement total. Et puis mes habitudes qui s'étaient avérées si judicieuses à l'orphelinat devenaient bien obsolètes, ridicules. Plus besoin d'avaler mon assiette au plus vite en mastiquant à peine. Personne ne viendrait me la voler. Pas besoin de rester constamment tendu, sur mes gardes, personne ne venait lever la main sur moi. En fait, Thomas et Martha se révélaient être des personnes particulièrement patientes qui ne levaient jamais le ton contre moi. Pourtant, je restais terriblement méfiant, tendu. J'avais peur. J'étais angoissé. Et ce, malgré les petites attentions qu'on me donnait. Je n'arrivais pas à comprendre que ça puisse être gratuit et je cherchais toujours ce qui se cachait derrière les petits gestes anodins. Je faisais des montagnes pour rien, je pétais les plombs. J'étais infernal. Ça prenait des riens pour que je crie, que je brise des trucs et que j'aille m'enfermer dans ma chambre.

Et ils m'enduraient... Mais je ne croyais pas que ça continuerait longtemps. J'étais persuadé qu'ils finiraient par m'abandonner. C'était ce que j'avais toujours vécu, pourquoi ça aurait été différent cette fois? Et pourtant, Martha continuait de venir me voir dans ma chambre pour essayer de me faire apprendre l'anglais. Elle ne savait jamais en rentrant dans ma chambre si j'allais coopérer ou non. Certaines journées, je pouvais me montrer concentrer pendant des heures. Et d'autres, je refusais complètement d'articuler ne serais-ce qu'un seul mot. Et je voyais bien que parfois, elle était découragée, lasse. Et je savais que je lui faisais du mal en refusant les contacts, en refusant de lui sourire. Mais j'avais peur de m'attacher et de souffrir quand elle déciderait de s'en aller et de m'abandonner. C'était une question de temps et je refusais de vivre encore le déchirement que m'avait procuré le départ d'Eva sept ans plus tôt. Et il y avait Thomas. Il avait essayé de m'intéresser au football américain, au baseball, rien à faire. Il avait tenté la mécanique, m'emmenant avec lui à son garage. Non plus. Je n'essayais même pas d'écouter. Je surveillais tous ses gestes quand il était près de moi. Je n'en attendais ni plus ni moins que d'Ivan. J'attendais le premier coup quand je briserais un énième objet ou que je crierais une insulte de plus. Quelque part... Je la voulais cette claque. Ce coup, je fis en sorte de le mettre dans une colère noire, pour que ça me confirme ce que je croyais, pour que je puisse me dire que mon comportement était vraiment justifié. Et ça passa proche.

Thomas avait une magnifique mustang. Un très vieux modèle, rien à voir avec ce qui se faisait maintenant, et qui demandait un entretien précis. Il adorait cette voiture. C'était son petit bijou. Et j'ai fait exprès de balancer une grosse clef sur l'aile, à l'arrière. Sous son nez. Parce qu'il m'avait demandé d'aller acheter de l'huile à une station-service à deux cent mètres de la maison et que ça m'emmerdait. Je ne l'avais jamais vu aussi furieux... (et c'était justifier!) Il m'a saisi par les épaules, fort à m'en faire grimacer et m'a dit brutalement de rentrer directement à la maison. Puis il m'a repoussé sèchement avant de s'intéresser à la taule cabossée, en râlant dans sa barbe des choses que je ne comprenais pas, mais qui ne semblaient pas très gentilles. J'ai tourné les talons sans un mot et je suis allé directement dans ma chambre. J'avais vraiment touché quelque chose de sensible, mais je refusais de voir la réaction... Comme justifiée. Je voulais me casser. Retourner en Russie et chercher Foka et Katya. J'en avais marre.

Et dans la nuit, j'ai fait le truc le plus con que j'ai jamais fait de ma vie. J'ai attendu qu'il soit trois heures du matin, je me suis levé, j'ai enfilé des vêtements, volé de l'argent dans le portefeuille de Martha et les clefs de la mustang... Et je suis partie avec la voiture. J'étais grand pour mon âge, mais c'était franchement poussé. J'avais du mal à tenir mes pieds sur les pédales. Mais je m'en foutais. J'étais un gamin paumé et con. J'ai causé de tort à personne, mais je me suis retrouvé sur le bas chemin après trois ou quatre tonneaux. J'étais chanceux, je ne me suis fait que quelques coupures bénignes et une sacrée frousse. Sauf que je ne faisais pas le fier au poste avec un type du SpeC qui me regardait sévèrement. J'avais un anglais franchement maladroit, je ne comprenais pas vraiment ce qu'il me disait, la gorge serrée à l'idée d'un Thomas... Complètement hors de lui. Et le fait que ce soit lui qui venait me chercher... Ne m'aidais pas à me calmer. J'angoissais, j'en tremblais. Et personne ne cherchait à me rassurer. Faut dire que j'avais amplement mérité tout ce qui pourrait m'arriver quand Thomas arriverait. Je n'en menais pas large quand je l'ai vu. Il était... Blanc. Comme un drap. Il a parlé un moment avec le SpeC sans me regarder, a signé quelques papiers, puis m'a fait signe de le suivre. Je lui ai emboité le pas, muré dans le silence. Pas un mot échangé sur le chemin du retour. J'étais persuadé que c'était finit. Il allait me frapper et m'abandonner. Ou alors il me tuerait simplement. Personne ne s'occuperait de la disparition d'un petit con de Russe qui ne servait à rien. Et j'en tirais un sentiment d'angoisse si vif que j'arrivais à peine à respirer. Mes mains tremblaient, j'avais la nausée. La voiture s'est stationnée dans l'allée... On est rentré. Je savais plus où me mettre. Thomas s'est finalement tourné vers moi. Je n'osais même pas le regarder, honteux et mort de peur. Il a fait un pas vif vers moi, j'ai voulu reculer, fuir, mais il m'a attrapé.

Et il m'a serré de toutes ses forces contre lui.

Je ne savais pas comment réagir. J'étais tétanisé. Et lui... Lui, il tremblait, me palpait pour être sûr que je n'étais pas gravement blessé... Et du peu que je comprenais dans tout ce qu'il disait... Il avait eu peur. Il était inquiet pour moi. Et moi, je restais figé, les yeux grands ouverts dans le vague. Je n'arrivais pas à comprendre. Comment lui, un homme dont je n'étais même pas le fils... Alors que mon propre père avait jugé qu'une bouteille de vodka bas de gamme valait plus que ma santé... Comment pouvait-il trembler pour moi alors que j'avais bousillé sa précieuse voiture de collection? Il aurait dû être furieux. Me détester. Me briser les os. Et non, là, il me serrait contre lui et je sentais son cœur battre la chamade, ses mains tremblées en me serrant. J'ai pensé à cette fois. Ce fantasme que j'avais eu, des années plus tôt. Ce désir de voir Ivan laisser tomber son masque ridicule de haine pour me prendre, me serrer, alors même qu'il m'avait réduit en morceaux. Thomas le faisait. Il faisait ce que j'avais toujours attendu qu'on fasse pour moi alors qu'absolument rien ne l'y obligeait. J'ai craqué. Je me suis accroché comme j'aurais voulu m'accrocher à Ivan et j'ai fondu en larmes. En gros sanglots. Je ne contrôlais plus rien et je pleurais... Pour tout. Pour Eva partie, pour les trois gamins affamés et frigorifiés, pour Ivan l'indigne, pour la froideur de l'orphelinat, pour la perte de Katya, les questions de Foka auxquelles je ne pouvais répondre, quand il était parti, pour chaque fois que j'avais fini par terre, écrasé de douleur devant les pieds d'un bourreau plus vieux, pour ma peur, mon angoisse, mes déceptions, ma honte et ma colère. Et parce que ça faisait presque un an que je rejetais inlassablement des personnes que je ne méritais pas. J'ai pleuré en balbutiant des « sorry » jusqu'à l'épuisement, jusqu'à m'endormir contre son épaule et qu'il me porte dans mon lit.

À partir de là, j'ai drastiquement changé d'attitude à l'égard de Martha et Thomas. J'étais maladroit comme un gamin de 5 ans à chercher leur affection ou leur attention, mais ça leur faisait tellement plaisir. Surtout à Martha. À partir de là, j'ai vraiment pu m'améliorer en anglais et enfin mettre les pieds à l'école. Le bordel. Les idiots qui pensaient à emmerder le nouveau à l'anglais maladroit ont découvert qu'ils risquaient trop de frais chez le dentiste pour que le plaisir de m'enquiquiner n'en vaille la peine. Ça désolait mes... Parents. Ouais, ça désolait mes parents. Et après quelques hésitations, Thomas me fit suivre des cours de Systema. Sur le coup, il y a de quoi se demander c'était quoi l'idée d'apprendre à un gamin qui se battait avec une hargne pas possible un art martial. Mais avant de juger, il faut se pencher sur les principes de la Systema. En effet, cela consiste principalement à contrôler sa respiration, à savoir garder son calme, rester détendu et bien éveillé face à des situations qui pourraient être perturbantes. L'idée n'est pas de porter des coups dévastateurs –non, non, Thomas ne comptait pas faire de moi une brute!-, mais plutôt de jouer sur les différents leviers et points de pression du corps humain pour mettre un adversaire par terre en faisant le moins de mouvements possibles. La Systema étant un art martial russe, ça me plaisait rester accrocher à un bout de ma culture. Mon prof parlait parfaitement cette langue et ça me faisait du bien de pouvoir lâcher un peu l'anglais de temps en temps.

Et puis Thomas réussi enfin à m'intéresser à la mécanique automobile... Et on a retapé la mustang ensemble. Je n'y comprenais pas grand-chose, par moment, le langage pointu de la mécanique étant un peu dur à assimiler sur le coup, mais je faisais des efforts et je regardais bien ce qu'il faisait. C'était terriblement valorisant de la voir doucement retrouver sa forme d'antan. Et la journée où elle put émettre à nouveau son ronronnement, on est parti une fin de semaine pour voir du paysage et rajouter des kilomètres au compteur. J'ai adoré ça. Quand j'avais du temps, j'allais retrouver Thomas au garage et je lui filais un coup de main. Ou je me contentais de le regarder faire, d'apprendre.

À 17 ans, je me suis engagé dans l'armée. Je n'étais pas particulièrement patriotique, mais ce genre de carrière m'intéressait. Thomas n'en dit pas grand-chose. C'était une profession des plus respectables. Martha n'apprécia pas beaucoup, de son côté, mais rien à faire pour me faire démordre. Je ne voulais pas continuer ma scolarité, je galérais. Je n'avais commencé mes études que tardivement, mon petit niveau d'anglais n'ayant guère aidé, non plus, à la base. J'étais aussi quelqu'un de... Très peu théorique. Les heures passées assit à simplement écouter étaient des tortures particulièrement pénibles, aussi, je laissais tout ça derrière moi sans le moindre regret. Du même coup, je quittais Bethania. En effet, je n'avais aucun pouvoir pour finir dans le SpeC, chose qui n'était pas plus mal. Ce système était tout simplement ignoble, alors je préférais m'engager de mon plein gré dans l'USA Army. J'y fis 10 semaines d'entraînement de base, puis 1 an de perfectionnement pour finir dans l'Armée de terre, dans l'infanterie. Comble de la chance, je n'avais pas terminé ma formation qu'un conflit éclata et je me retrouvais sur le front.

J'y passais 4 ans et demi avant d'être rapatrié aux USA en toute urgence, dopé aux analgésiques, histoire de sauver ma jambe suit à un accident assez impressionnant. Elle était dans un sale état et, franchement, je ne me souviens pas de grand-chose. J'étais constamment fiévreux et la mort de toute mon équipe me laissait dans un sale état psychologique. Retrouver mes parents à l'hôpital de Bethania me fit du bien. Je subis, je ne sais combien d'opérations. Le déplacement, bien que rapide, n'avait pas aidé mon cas. Je ne retrouvais mes pleines capacités mentales que plusieurs jours plus tard. Mais je restais coincé dans le lit pendant plusieurs semaines avant de pouvoir rentrer à la maison. J'étais déprimé. Ma jambe était douloureuse, la mort de mes compagnons me hantait, je ne savais pas quoi faire du reste de ma vie. Je ne voulais pas être considéré comme un infirme. L'Armée c'était fini. Je n'étais plus physiquement apte. Ça m'angoissait. Je ne voulais pas être une charge pour qui que ce soit, et surtout pour mes parents. Thomas me retira une épine du pied en m'offrant de venir travailler avec lui au garage. J'étais loin d'être pro, mais je me démenais de mon mieux. Et parfois trop. Mon père guettait mon boitillement et dès qu'il devenait trop prononcé, il me virait à la maison comme un enfant. De quoi mettre des tensions dans notre relation! Même si je comprenais le geste, ça m'horripilait totalement.

Au final, le travail me plaisait beaucoup, aussi, je décidais d'aller faire des formations de façon à avoir quelques diplômes sous la main, une attestation de mes capacités dans le domaine, en soi. Mécanique électrique, débosseleur-peintre, entre autres, en me spécialisant tout particulièrement dans les motos. J'adorais ces engins, j'eus d'ailleurs ma première Harley-Davidson à cette époque. J'en étais dingue, je la pomponnais comme une jeune mariée et ça faisait bien rigoler Thomas. Je rencontrais également les Libras, un gang de motards fouteurs de merde, de casseurs qui se croyaient tout permis et qui protestaient haut et fort contre le Serpentaire. Ma première rencontre avec l'un de ses membres fut un peu brutale... -Mon nez et ma mâchoire s'en souviennent bien- Mais par la suite, je croisais un peu trop ce type, un certain Milo D'Isanto, et passé le ressentiment de base, ça cliqua entre lui et moi. Sans le savoir, c'était probablement la meilleure chose qui puisse m'arriver, car quelques mois plus tard, Thomas et Martha décédèrent dans un accident de voiture... Et il fut un de mes rares piliers contre l'adversité injuste de la vie. J'étais sur le bord de perdre pied, mais je me suis rattrapé avec son aide... Et j'ai intégré les Libras. J'avais besoin de me détourner de ma peine, du deuil qui écrasait ma poitrine. Je perdais encore des gens chers à mon cœur, je perdais les deux personnes qui m'avaient sorti de mon infâme merdier sans avenir pour me permettre de devenir une personne... Pour laquelle on pouvait éprouver du respect. J'y trouvais plus qu'une distraction, au final. Des amis, des frères de cœur. Et je me détournais un peu de la légalité, au passage. Foutre la merde, faire de la casse, jouer les maîtres sans être plus qu'une bande de gamins insignifiants. On se croyait invincibles, fort. On pensait avoir du poids. Pf, la belle illusion. Elle fut réduite en cendres en si peu de temps que j'eus du mal à réaliser, sur le coup. Il y eut une terrible altercation avec le SpeC. Je me souviens comme ça m'avait paru injuste, bête. Une bande de gros matous jouant avec des souris à savoir s'ils les boulottaient ou non, se divertissant dans le sang, se foutant des redditions. Un carnage, ni plus, ni moins. Moi, j'eus de la chance. La chance toute bête, dans la mêlé, de me retrouver coincer sous deux motos, à la fois cachées, mais aussi à moitié suffoqué et incapable de me déprendre seul. Quand on m'avait retrouvé là, la fièvre du combat était retombée et ils m'avaient embarqué dans un fourgon pour me balancer dans une cellule plutôt que de simplement me tuer comme les autres. Je fus longuement interrogé sur le gang, bien que je refuse de dire quoi que ce soit. Je savais, j'avais vu, entendu... Il ne restait personne. Personne n'avait été épargné. Peut-être Milo avait-il pu se cacher? Il était un des rares absents lors de l'affrontement. J'espérais en silence n'être pas le seul survivant. Pas encore le seul à s'en tirer. La vie semblait déterminée à me laisser seul, l'abandonné, le survivant. Je détestais l'idée.

J'eus droit à un procès qui me laissa un goût un peu amer sur le palais. Tout était déjà décidé avant même que je n'y mette les pieds, suffisait de voir les preuves et les témoignages sortir de façon... Tellement imparables, infiniment bien orchestré. Et puis, je ne voyais pas l'intérêt de geindre à l'innocence. Je ne l'étais pas. Et ma fierté m'interdisait de nier quelque chose qui était de mon fait. Je n'avais rien pour alléger le verdit... Et je n'en avais pas besoin. J'écopais de 15 ans. Et ça me mit un choc. Parce que 15 ans, c'était sortir à plus de 40 ans. C'était cher payé, mais le Serpentaire n'avait pas pour réputation de faire dans la dentelle avec les cas comme le mien, c'était bien assez tendu comme ça avec les Khthonik et le Soteira. J'accueillis la sentence avec calme, sans laisser percevoir comment ça m'affligeait. C'était simple. J'allais rentrer jeune dans une cellule... Et j'en sortirais vieux. Tout bonnement. Pour quelques bris publics, 2-3 blessures sur civil et 1 ou 2 SpeC temporairement HS? J'étais un exemple, ça me semblait clair. Un avertissement pour les prochains p'tits cons qui voudraient jouer les caïds. On gardait un survivant et lui pourrissait bien la vie. Ça ne servait à rien de contester, je me retrouvais derrière les barreaux à 26 ans.

Et je fus sincèrement heureux d'avoir été militaire avant d'être mécanicien, parce que franchement, je ne sais vraiment pas comment j'aurais pu survivre et garder ma fierté, au passage. Ça me rappela ironiquement l'orphelinat, version 18 ans et plus avec l'option hardcore intégrée. Fallait savoir se tenir, ne jamais céder d'un pouce, surveiller ses arrières, se tenir à carreau, savoir distinguer les gueulards des bastonneurs... Bref, tout un langage dans une jungle bien plus mortelle que ce que je m'étais imaginé à la base. Au moins, quelque chose éclaira un peu toute cette merde. Je reçu la visite de Milo. J'étais soulagé de ne pas être encore le seul à s'en tirer. Ça remonta un peu mon moral, même si toutes ces morts me laissaient profondément endeuillé. J'eus le temps de réfléchir, de faire le point. Des années à retourner tous ces évènements dans ma tête, encore et encore. Le chemin parcouru avait été long. Très long. Et enfermé là, je me sentis vieux et lasse. Ce fut extrêmement dur tout ce temps. J'essayais de le passer comme je pouvais, continuant de m'entraîner, me faisant quelques connaissances, me démerdant pour ne pas finir poignardé dans le fond de ma propre cellule parce que je n'avais pas voulu sucer un connard de caïd... La routine, quoi? J'eus encore de la chance, en effet, après quelques années à poireauté, j'obtins une réduction de peine et fus libérer après huit ans. Ainsi, j'étais âgé de 34 ans quand je fus remis en liberté. Huit ans de gaspillé, mais vu le temps que j'avais gagné, je n'avais pas à me plaindre.

Je commençais par me refaire une existence. Je vendis la maison de mes parents et le garage de Thomas. Je ne voulais pas rester seul là-bas, ça m'aurait rongé le moral. Je voulais du neuf. Aussi, j'achetai un terrain dans le secteur 6, obtins les divers permis et autorisations de la mairie et fit bâtir un nouveau garage surmonté d'un logement pour moi. Je pris plaisir à élaborer les plans, faire du sur-mesure, puis voir tout apparaitre concrètement. J'ouvris le garage et le nommai « Casey » en l'honneur de mon père dont c'était le nom de famille. Je m'y installai et me fis tranquillement un nom dans le domaine. Ça ne m'intéressait plus, une vie dangereuse, instable. J'avais assez payé, j'avais assez eu de misère, j'avais envie de mener mon petit train confortable, avoir mes trucs et ne plus avoir un de ces connards de SpeC au cul.

Égoïste? Peut-être! Surement! Mais aujourd'hui, je n'en ai rien à foutre, franchement! Je vis ma vie, j'en profite, je fais ce que j'ai envie, je vois ceux que j'aime, je me focus sur mon petit bonheur et si quelqu'un est contre ça, il sait où me trouver. Finis de jouer au héros, au méchant, au repentant. C'est derrière moi.



.Hors-Jeu.

• Pseudo ::
Cannelle
• Comment avez-vous découvert Bethania? ::
J'ai cliqué sur le lien qu'on m'a balancé sur skype, une p'tite soirée de janvier Wink
• Âge réel ::
22 ans
• Localisation ::
Coin frisquet du Québec
• Fréquence d'activité ::
8/10
• Code de la charte ::
Validée par Mikhaïl
• Mais encore? ::
Désolé... Juste désolé pour la bête............
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Mikhaïl Ivanovitch Kotov

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